Le participe passé du verbe faire s’écrit fait, avec un -t final, dans tous les temps composés : j’ai fait, j’avais fait, j’aurais fait, que j’aie fait. La terminaison -s de « fais » appartient exclusivement au présent de l’indicatif et à l’impératif. Confondre ces deux formes dans une copie de français relève d’une erreur de morphologie verbale, pas d’une simple faute d’inattention.
Fait ou fais : distinguer participe passé et forme conjuguée du présent
La confusion repose sur une homophonie. À l’oral, « fait » et « fais » se prononcent de façon quasi identique. À l’écrit, leur distribution grammaticale est stricte.
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« Fais » correspond au présent de l’indicatif, première et deuxième personne du singulier : je fais, tu fais. On le retrouve aussi à l’impératif (fais tes devoirs). En dehors de ces cas, cette forme n’existe pas.
« Fait » est le participe passé du verbe faire. Il intervient dès qu’un auxiliaire le précède : j’ai fait, j’avais fait, j’eus fait, j’aurais fait, que j’aie fait. Pour vérifier qu’on a bien affaire au participe passé, il suffit de mettre la phrase au féminin : « la chose que j’ai faite » laisse entendre le -t final, confirmant la graphie.
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Participe passé de faire suivi d’un infinitif : la règle d’invariabilité dans les copies
Nous observons que la majorité des erreurs sanctionnées en copie ne portent pas sur « j’ai fait » isolé, mais sur des constructions plus complexes où faire précède un infinitif. C’est là que les correcteurs sont les plus attentifs.
Le participe passé de faire reste invariable devant un infinitif. On écrit « elle s’est fait avoir », « ils se sont fait prendre », « les robes qu’elle s’est fait coudre ». Aucun accord, quel que soit le genre ou le nombre du sujet ou du COD.
Cette invariabilité tient au fait que le sujet grammatical de l’infinitif n’est pas le sujet du verbe faire. Dans « elle s’est fait couper les cheveux », c’est quelqu’un d’autre qui coupe. Le participe fait ne porte pas l’action directement, il la cause. La grammaire normative traite donc faire + infinitif comme une locution verbale figée, à participe invariable.
Erreurs fréquentes dans les rédactions
- « Elle s’est faite avoir » est faux. La forme correcte est « elle s’est fait avoir », sans accord, car faire est suivi de l’infinitif avoir.
- « Les gâteaux qu’elle a faits cuire » est faux. On écrit « les gâteaux qu’elle a fait cuire », le participe fait restant invariable devant cuire.
- « Ils se sont faits remarquer » est faux. On écrit « ils se sont fait remarquer », même règle d’invariabilité.
En copie de français, écrire « faite » ou « faits » devant un infinitif coûte des points. Nous recommandons de considérer toute séquence fait + verbe à l’infinitif comme un bloc invariable, sans exception.
Identifier le temps verbal pour choisir la bonne orthographe de faire
La méthode la plus fiable pour ne pas confondre fait et fais consiste à identifier le temps de la phrase avant d’écrire la terminaison. Le raisonnement prend quelques secondes et élimine toute hésitation.
Présent de l’indicatif et impératif
Si le verbe faire est conjugué seul, sans auxiliaire, au présent ou à l’impératif, la terminaison est -s aux deux premières personnes du singulier. Je fais un exercice. Tu fais une erreur. Fais attention.
Temps composés avec auxiliaire avoir
Dès qu’un auxiliaire apparait (ai, avais, aurais, eus, aie), la seule forme correcte du participe passé est fait. Cela vaut pour le passé composé (j’ai fait), le plus-que-parfait (j’avais fait), le conditionnel passé (j’aurais fait), le passé antérieur (j’eus fait) et le subjonctif passé (que j’aie fait).
Une astuce de relecture : repérez l’auxiliaire. S’il est présent, écrivez -t. S’il est absent et que le sujet est je ou tu au présent, écrivez -s.
Erreurs d’orthographe sur faire dans les copies : méthode de relecture ciblée
Corriger ce type de faute à la relecture demande un protocole précis. Les correcteurs repèrent ces erreurs en quelques secondes, et elles pèsent dans l’appréciation globale de la maîtrise linguistique.

Nous recommandons de procéder en deux passes lors de la relecture d’une copie :
- Première passe : souligner chaque occurrence du verbe faire dans le texte, quelle que soit sa forme. Vérifier si un auxiliaire le précède. Si oui, la terminaison est -t.
- Deuxième passe : pour chaque « fait » précédant un autre verbe à l’infinitif, vérifier qu’aucun accord n’a été ajouté. Fait suivi d’un infinitif ne prend jamais de -e ni de -s.
- Cas du COD placé avant : quand fait n’est pas suivi d’un infinitif et que le COD est placé avant l’auxiliaire avoir, l’accord se fait normalement. « Les erreurs que j’ai faites » prend un -e et un -s parce que le COD « erreurs » est féminin pluriel et qu’aucun infinitif ne suit.
La distinction entre « j’ai fait » et « les erreurs que j’ai faites » est un piège classique du brevet et du bac. Dans le premier cas, pas de COD antéposé, donc pas d’accord. Dans le second, le COD précède le participe, l’accord s’applique.
Résumé des formes à retenir
| Contexte | Forme correcte | Exemple |
|---|---|---|
| Présent (je/tu) | fais | Je fais mes devoirs |
| Passé composé | fait | J’ai fait mes devoirs |
| Plus-que-parfait | fait | J’avais fait une erreur |
| Fait + infinitif | fait (invariable) | Elle s’est fait couper les cheveux |
| COD antéposé sans infinitif | fait accordé | Les erreurs que j’ai faites |
En copie de français, la faute « j’ai fais » signale une méconnaissance de la morphologie du participe passé. Retenir que le participe passé de faire est toujours fait (et non fais) suffit à éliminer la forme fautive dans la grande majorité des cas. Le vrai terrain de vigilance reste l’invariabilité devant un infinitif et l’accord avec un COD antéposé, deux points que les correcteurs vérifient systématiquement.

